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 T.C. Boyle, Water Music

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sophie
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MessageSujet: T.C. Boyle, Water Music   Mer 20 Avr à 14:29

Le XVIII° siècle expire, dans les convulsions que l'on sait. Tandis que Paris se fatigue de la guillotine, que Londres continue à se saouler au gin, l'explorateur écossais Mungo Park découvre le royaume de Ségou, en Afrique, où la folie humaine s'exprime encore avec une simplicité biblique. De retour au pays, il redécouvre un monde - le sien, mais il l'avait un peu oublié - où le progrès est en train de se faire les dents. Aveuglement, cruauté, extravagance sont mieux que jamais au rendez-vous, cependant que la marionnette humaine gigote bravement et tente, bien en vain, d'éviter les mauvais coups.

Une merveilleuse saga pleine d'humour, de sagesse et d'ironie.On ne s'ennuie pas une seconde.Entrez dans le monde de T.C. Boyle, vous ne le regretterez pas.Un autre grand roman de cet auteur que je vous conseille: America:quand la vue de la misère d'immigrés mexicains dérange le petit monde d'une société américaine bien pensante.Térrifiant!

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sophie
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MessageSujet: Re: T.C. Boyle, Water Music   Mer 20 Avr à 14:34

Un petit extrait de Water Music:
f9

"A l'âge où les trois quarts des jeunes écossais retroussent les jupes des demoiselles, labourent, creusent leurs sillons et répandent leur semence, Mungo Park, lui, exposait ses fesses nues aux yeux du hadj Ali Ibn Fatoudi, émir de Ludamar. On était en l'an 1795. George III bavouillait sur les murs du château de Windsor, les "Notables" au pouvoir en France fichaient tout en l'air, Goya était sourd et De Quincey n'avait pas encore dépassé le stade du préadolescent dépravé. George Bryan, dit le "Beau Brummell", lissait son premier col amidonné; vingt-quatre ans et le front en mailloche, le jeune Ludwig van Beethovenestomaquait les foules avec son deuxième concerto pour piano; et Ned Rise se tapait les Strip-Me-Naked en compagnie de Nan Punt et de Sally Sebum à la taverne du Cochon Vérolé, dans Maiden Lane.
Ali était Maure. Assis en tailleur sur un coussin de damas, il inspectait donc un féssier pâle et barré de plis : vous auriez cru voir Epicure en train d'examiner une mouche tombée dans sa julienne. Il avait la voix sablonneuse.
- Retourne-toi, dit-il.
Mungo Park était écossais. Chausses baissées, il s'agenoilla sur la natte de jonc et jeta un coup d'oeil à Ali par-dessus son épaule. Mungo cherchait le Niger.
- Retourne-ti, répéta Ali
Si l'explorateur était aimable et prompt à satisfaire les désirs d'autrui, son arabe manquait un peu d'étoffe. Voyant qu'une fois de plus il ne savait réagir à l'ordre du hadj, le bourreau Dassoud, Grand Chacal de l'émir, fit un pas en avant, un fouet à la main. L'instrument avait été façonné à l'aide des appendices caudaux d'une demi-douzaine de gnous. Les queues houppées fendirent l'air, y battirent bien haut comme des ailes d'anges. A l'extérieur de la tente il faisait une température de 57 degrés centigrades. Toutes en trame et chaine, la tente d'Ali était tissée de poils de chèvre. Al'intérieur, il faisait tout de même 48. Le fouet tomba. Mungo se retourna.
L'envers était aussi blanc que l'endroit : blanc comme un linge, blanc comme le blizzard. Ali et son entourage en restèrent de nouveau confondus.
- Sa mère l'aura trempé dans du lait, lança quelqu'un.
- Comptez-lui les doigts et les orteils! cria un autre.
Des femmes et des enfants bloquaient l'entrée, des chèvres bêlaient, des chameaux toussaient ou s'accouplaient; plus loin quelqu'un recrachait des figues. Cent voix s'entrelaçaient comme des sentiers, des layons, chemins hauts et bas empilés les uns sur les autres - lequel prendre? - et tout cela était de l'arabe, trompeur, rapide, dur : la langue du Prophète.
- La la la la la! hurla une femme.
On reprit son cri d'une voix de fausset qui écorchait les oreilles.
- La la la la la!
Le pénis de Mungo - blanc lui aussi - se rétrécit tellement qu'il lui rentra presque dans le ventre.

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